Les 70 ans de voitures Porsche

mer 21 novembre 2018
Par Max

En cette 70 ième année d'existence de voitures construites par Porsche, tout le monde a eu droit à son petit commentaire ou réflexion sur cet anniversaire. Tout le monde sauf moi. A mon tour donc de faire le mien.

Avant d'entrer dans le vif du sujet, on peut déjà dire que cette 70 ième année aura été jalonnée d'une série d'annonces fracassantes.

Le Boxster 718 Spyder

Le Boxster Spyder c'est simplement un Boxster avec un moteur de 911 S (un peu moins puissant quand même, faut continuer de vendre des 911), une capote ultra rudimentaire et manuelle, ainsi qu'un double bosselage à l'arrière, exactement comme les 911 Speedster (voir plus bas). Il est également possible de la commander sans climatisation et sans radio pour maximiser le côté sportif mais surtout pour faire "genre".

Ceci dit, je trouve que cette livrée Spyder va bien mieux au Boxster qu'à la 911. Le modèle précédent était d'ailleurs très réussi. Voyez vous-même:

boxster_spyder

Sur la photo, le orange et le vert sont de la deuxième génération (981) alors que le blanc et de la première génération (987). (Photo prise au Porsche Days à Spa cette année)

Tout ça pour dire qu'au chapitre des nouveautés, la sortie prochaine du Boxster 718 dans sa version Spyder est pressentie. Mais sortira-t-il encore cette année ? J'en doute.

On sent bien que Porsche veut frapper un grand coup pour célébrer ses 70 ans, mais en même temps ils doivent probablement hésiter à présenter un nouveau modèle qui risque de passer totalement inaperçu s'il sort à peu près au même moment que la nouvelle 911.

La 991 Speedster

Si vous ne connaissez pas le "concept" Speedster, il s'agit de faire hommage à la 356 du même nom qui présentait un profil plus typé "course" que le cabriolet, avec un pare-brise plus bas et plus incliné. Avec le temps, la 911 s'est vue affublée d'un double bosselage derrière chaque siège, exactement comme le Boxster Spyder.

Voici une 356 Speedster:

porsche_356_speedster

Cette recette a été appliquée à de nombreuses 911 et la 991 y aura aussi bientôt droit. Elle héritera du moteur de la GT3 (500 chevaux sans turbo) et sera produite à 1948 ( + 70 = 2018) exemplaires.

Manque de bol, ce ne sera pas pour 2018 mais 2019. Ah zut, raté !

Mais à part les collectionneurs et les (riches) spéculateurs qui la garderont sous cloche, tout le monde s'en fout. Elle sortira juste pour perpétuer la tradition Speedster et faire parler de Porsche avec (encore) une nouvelle série limitée.

Voici à quoi devrait ressembler la 991 Speedster:

porsche_991_speedster_front porsche_991_speedster_rear

La nouvelle 911

Non, la sortie fracassante que tout le monde attend, c'est celle de la nouvelle 911. Et si son plan se déroule sans accroc, Porsche devrait présenter officiellement en cette fin novembre 2018 la huitième génération de 911: la 992.

A l'heure d'écrire ces lignes on ne sait pas beaucoup de choses, mais Dieu merci, elle ne sera pas hybride ni encore moins électrique. On peut raisonnablement penser qu'elle gardera ses 6 cylindres et sera turbo compressée comme l'était la 991 phase 2.

Quelques photos de la 992 circulent sur le net, et j'espère que ce ne sont que des prototypes "camouflés", car je trouve l'arrière particulièrement moche.

La GT3 Touring

Je crois avoir fait à peu près le tour des nouveautés imminentes.

Parmi celles qui sont déjà sorties, citons la GT3 Touring, qui est une GT3 sans son aileron fixe et avec une boite manuelle. Alors elle reste évidemment hors de ma portée, mais elle n'a pas été produite en série limitée et j'aime assez l'idée d'une 911 allégée (c'est une GT3) disposant du même moteur de 500 chevaux (sans turbo).

Une sorte de 911 R "du pauvre" qui en fera sans doute baisser un peu ses niveaux de prix affolants. Puis celle-là au moins sera vraiment achetée pour rouler !

porsche_911_gt3_touring_front porsche_911_gt3_touring_side.jpg

La compétition

Au rayon sportif, on peut rappeler le doublé victorieux au 24H du Mans (voir mon précédent billet) ainsi que la victoire aux 6 heures de Fuji.

Toujours dans le championnat du monde d'endurance (WEC), citons les courses de Spa et de Shanghai ou Porsche termine second. Voilà donc Porsche bien placé pour entamer la deuxième partie de cette "Super Saison".

Le Mans Classique

Autre événement auquel Porsche a pris part de manière remarquée en cette année anniversaire: Le Mans Classique.

Il s'agit d'une manifestation bisannuelle où on fait courir toutes sortes de véhicules de course anciens, pour autant qu'ils aient plus de 25 ans. Des courses sont donc organisées sur le circuit de la Sarthe durant tout un week-end par catégories et âge de véhicules.

Mais pour les 70 ans, Porsche a eu droit à une course réservée aux Porsche d'avant 1974, mais de toutes catégories confondues. 70 voitures ont pris le départ pour une course d'environ une heure organisée en ouverture du Mans Classique.

1200

Au vu de toutes ces victoires et nouveautés, l'écosystème Porsche, déjà très fourni, s'enrichit encore. On se dit qu'une vie entière ne sera pas suffisante si on veut un jour conduire toutes ces belles machines. Quoique...

Dans l'édito du numéro de novembre de Flat-Six magazine, le rédacteur en chef, Marc Jolly, se félicite des 28 ans d'existence du magazine et d'en faire partie depuis la première heure. Il dresse ensuite une sorte de bilan sur le nombre de Porsche qui sont passées entre ses mains durant ces 28 ans, et annonce le chiffre hallucinant de 1200 ! 1200 Porsche en 28 ans, ça fait plus de 42 par an, soit environ une par semaine.

La première réaction serait de se dire que Marc Jolly a beaucoup de chance d'avoir le travail qu'il a (si on peut appeler ça du travail ;-)).

Mais peut-être n'est-ce pas une situation si enviable que ça. Sur les 1200 Porsche testées, j'imagine qu'il a dû essayer des modèles rares et d'exception, et sans doute plusieurs fois. Alors, je me demande comment encore s'émerveiller devant une "bête" 911 après avoir roulé en Turbo, en GT3 ou encore en Carrera GT ? Est-ce que la "magie" opère encore ? N'y a-t-il pas un sentiment de lassitude qui finit par s'installer ?

J'imagine le genre de conversation qu'il pourrait avoir au bureau: "Cette semaine faut que je roule en 911 3.2 L. Pfft, ça fait au moins ma vingtième... On peut pas envoyer quelqu'un d'autre ?"

Cet édito m'a fait réagir, car il y a quelques temps de cela, je me faisais la réflexion suivante avec un ami Porschiste: quand on prend le volant de notre jouet, ce n'est que du plaisir à l'état pur et on a beau multiplier les sorties, c'est toujours aussi bon. On retrouve à chaque fois les mêmes sensations, sans être blasé. Et au retour de balade, avant de remettre la bâche sur la voiture, il m'arrive souvent de me dire "bon sang, quelle caisse extraordinaire !". Comment se fait-il justement qu'aucune lassitude ne s'installe ?

Nous en étions arrivés à la conclusion que c'est probablement parce qu'on roule finalement assez peu que les sensations restent intactes.

En ce qui me concerne, mon compteur de Porsche testées est de 4. Cinq si on compte celle où j'étais passager. L'avantage c'est que je me souviens précisément des sensations que j'ai ressenties pour chacune d'elles. Je ne suis même pas sûr d'arriver à 15 un jour, alors 1200...

Cela signifie-t-il qu'il vaut mieux rouler peu pour éprouver du plaisir ? Peut-être.

Monsieur Jolly, si vous me lisez, peut-être pourriez vous m'éclairer sur ce point ?