Après plusieurs saisons soporifiques, le WEC s'est enfin ressaisi avec des annonces dignes d'intérêt. Il était temps.

Couverture la_renaissance_de_lendurance

Déceptions après déceptions ça me désolait de voir le championnat mondial d’endurance tomber ainsi en décrépitude. Heureusement ce qui nous attend nous fera oublier les saisons passées et… celle qui vient de commencer.

GT World Challenge: RAS

Du côté du “GT World Challenge”, rien à signaler, tout se passe comme prévu: les courses ont lieu (Monza pour la série Endurance, Magny-Cours pour la série Sprint) aux dates et endroits prévus avec des concurrents présents en nombre.

Ne manque que le public, qui reviendra quand le corona-dictateur l’aura décidé. Pas de public, mais une diffusion en direct dans plusieurs langues et un rattrapage possible sur Internet dès la fin de la course. Bravo !

Pour le WEC, c’est plus compliqué

Après moult hésitations, annulations, reports… ça y est enfin: la nouvelle saison du championnat mondial d’endurance a démarré.

La première course, prévue à Sebring a dans un premier temps été remplacée par une épreuve au Portugal. Épreuve portugaise, qui dans un second temps a été annulée. Le programme initial n’était déjà pas terrible avec seulement 6 courses, 5 ça devenait ridicule. La course au Portugal a donc été reprogrammée au mois de juin, décalant ainsi les 24H du Mans.

Après ce petit jeu de chaises musicales, la première course au calendrier du WEC est donc devenue les 6 heures de Spa le 1ier mai, qui a heureusement bien eu lieu. Sans public mais, contrairement à la saison passée où il fallait attendre 3 semaines après la fin de l’épreuve pour en suivre la rediffusion, celle-ci est désormais disponible immédiatement. Comme quoi, tout arrive.

Un plateau à la diète

Un plateau richement fourni se livrant une bataille acharnée pour la victoire pourrait faire oublier qu’il n’y a que 6 courses. Sauf qu’il n’y a jamais eu aussi peu de concurrents…

En GT pro

Petit rappel: en 2019 chez les équipes “pro”, il y avait Aston Martin, Ford, Ferrari et Porsche, ce qui n’était pas si mal. En 2020, Ford s’est retiré. Cette année c’est Aston Martin qui s’en va.

Si je compte bien, à ce rythme en 2023 il n’y aura plus personne en GT pro…

Heureusement Chevrolet est venu en renfort avec une unique Corvette C8.R, histoire que cette catégorie n’en soit pas réduite à un duel Ferrari-Porsche.

En GT Am

C’est un peu mieux chez les “amateurs”. Même s’il n’y a pas plus de constructeurs (Aston Martin, Ferrari et Porsche) les candidats sont plus nombreux.

En Hypercar

Grande nouveauté en 2021: oubliez l’ancienne catégorie LMP1 (“Le Mans Prototype 1”) et dites bonjours à la toute nouvelle catégorie LMH (“Le Mans Hypercar”).

Par rapport aux LMP1, la puissance et le poids ont été revus à la baisse (maximum 680 CV pour minimum 1030 kg). L’hybridation n’est pas une obligation et le châssis peut être librement choisi par les constructeurs qui peuvent aussi proposer un dérivé de leur modèles routiers.

La dernière partie de cette phrase a fait galoper l’imagination de beaucoup de monde (dont moi) en espérant des plateaux de rêve constitués de dérivés de McLaren P1, Porsche 918 et autres Ferrari LaFerrari. Hélas rien de tout ça n’est arrivé.

Au final, on se retrouve avec une Toyota, une Alpine (qui n’est rien d’autre qu’une LMP1 Rebelion de la saison passée avec des autocollants bleus) et enfin une vraie nouvelle voiture: la Glickenhaus. Pas de bol, elle n’était pas prête pour Spa… Mais on nous promet qu’elle le sera pour l’épreuve portugaise à la mi-juin. À noter également que Peugeot rejoindra cette catégorie en 2022.

La Toyota hypercar La Toyota hypercar

La Glickenhaus n'a pas l'air trop moche. On verra ça au Portugal La Glickenhaus n'a pas l'air trop moche. On verra ça au Portugal

En LMP2

J’ai décidément beaucoup de mal à m’intéresser à cette catégorie.

Je comprends bien la volonté des organisateurs de proposer quelque chose de moins onéreux et accessible aux “amateurs”, mais il faut bien avouer que ces voitures manquent cruellement de panache: elles sont moches et ont toutes le même moteur qui fait un bruit horrible (Gibson V8 4L de 600 CV).

Et ce n’est pas le nouveau règlement qui va améliorer les choses.

Car figurez-vous qu’il a été décidé de faire perdre environ 10% de la puissance des LMP2 et de les alourdir de 20 kg, histoire de ne pas ridiculiser les Hypercars moins rapides que les précédentes LMP1

Heureusement, on ne nivelle pas les GT par le bas et visiblement ça ne gêne personne que les LMP2 puissent être ridicules face aux GT.

La renaissance tant attendue

Bref, en voyant ce que le WEC nous a préparé pour 2021 il y a franchement de quoi faire la soupe à la grimace. 2021 ne sera pas franchement passionnante à suivre. Et vous vous dites à juste titre que si c’est ça le renouveau promis par le WEC, l’endurance est mal engagée…

Mais ne paniquez pas. Restez calme. 2021 et sa catégorie Hypercar ne sont qu’un tremplin pour l’introduction en 2022 d’une nouvelle catégorie (encore !): le LMDh pour “Le Mans Daytona hybride”.

Le LMDh, c’est quoi ?

Cette catégorie change tout. Explications.

  1. Première chose à savoir: cette catégorie ne remplace pas celle des Hypercars. Les prototypes LMH (Hypercar) et LMDh courront dans la même catégorie. Il faut donc plutôt les voir comme 2 réglementations de véhicules équivalents en terme de performance.
  2. Techniquement: les concurrents devront choisir un chassis de LMP2 parmi 4 équipementiers officiels (Dallara, Ligier, Multimatic ou Oreca), le système hybride obligatoire et la boite de vitesses seront identiques pour tout le monde. Le moteur et la carrosserie seront propres à chaque constructeur.
  3. Enfin: cette catégorie sera harmonisée avec celle du championnat américain IMSA dès 2023. Ce qui signigie qu’à partir de 2023, ce seront les mêmes voitures qui se disputeront la victoire pour Le Mans, Sebring et Daytona !

Le grand retour…

J’ai gardé le meilleur pour la fin: le retour de Porsche en LMDh en 2023 avec 2 voitures engagées dans chaque championnat (WEC et IMSA). Porsche pourra donc à nouveau disputer la victoire au général au Mans et à Daytona !

Et contrairement à Toyota la saison passée (et celle d’avant), Porsche ne sera pas le seul en lice pour la victoire car Audi et Acura (le nom de Honda aux US) ont confirmé leur présence en 2023. Ferrari a annoncé sa participation dès 2022 et il se pourrait bien que Ford suive le mouvement.

Sans oublier Lamborghini et McLaren qui se tatent encore en déclarant “envisager leur participation”.

…d’une demi-Porsche

Concernant Porsche on ne sait rien ou presque sur la voiture qu’ils aligneront au championnat en 2023, si ce n’est qu’il ne s’agira que d’une demie-Porsche puisque le chassis, le système hybride et la boite ne seront pas “made in Stuttgart”.

Ce qu’on sait en revanche, c’est que:

  1. Le châssis choisi est celui de Multimatic. Ouf, on est sauvé, il ne viendra pas de Ligier. Ligier, vous voyez ? Mais si, c’est eux qui font ça:

    Une ligier dans toute sa splendeur

  2. Porsche s’alliera à un partenaire de choix: l’écurie américaine Penske. Cette nouvelle structure, “Porsche Penske Motorsport” sera chargée de faire rouler les prototypes dans les 2 championnats (le WEC et l’IMSA).

Rappelons que le duo “Porsche-Penske” n’en n’est pas à son coup d’essai et a déjà brillé par le passé. Notamment dans les années 70 lors du championnat Can-Am (nord américain) en remportant le titre avec la terrible 917/30 ou encore entre 2006 et 2008 avec la Porsche RS Spyder qui avait raflé le titre en LMP2 ces 3 années là.

En attendant

Notons que le prochain événement majeur de l’endurance, qui ne fait partie d’aucun championnat, se déroulera déjà dans deux petites semaines avec les 24H du Nürburgring les 5 et 6 juin.

Quant au WEC (et à l’IMSA) j’espère sincèrement que tous ces changements permettront à l’endurance de retrouver ses lettres de noblesse et sa gloire d’antant. Les constructeurs semblent en effet nombreux à s’intéresser à cette nouvelle formule et si le spectacle est au rendez-vous, les fans suivront.

Il faudra juste s’armer de patience car on ne verra rien de tout ça avant deux longues années.

En attendant si vous voulez suivre un championnat captivant avec de nombreux belligérants se disputant âprement la victoire, je vous recommende vivement le “GT World Challenge“. Vous ne serez pas déçus du spectacle.